Le local

Durant la décennie 2010, le monde a été secoué par de nombreuses
révoltes chamboulant l’ordre existant, des «Printemps arabes» aux
émeutes américaines en passant par les Gilets Jaunes. L’irruption du
Covid a stoppé net ces dynamiques insurrectionnelles.
Depuis lors, les antagonismes de notre société n’ont cessé de
s’approfondir et l’affrontement social est de plus en plus prégnant.

L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des
luttes de classes. Des horreurs de l’esclavage à celles du salariat,
c’est oppresseurs contre opprimés, en opposition constante menant une
guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée qui finira soit
par la transformation radicale de la société tout entière, soit par la
destruction du vivant tout court.

Le mode de production capitaliste sature dans une avalanche de crises et
de destructions poussant la faune, la flore, les ressources, les corps
et les esprits vers l’abîme.

Des crises vertigineuses s’ouvrent devant nous et les capitalistes n’ont
aucune solution sinon la fuite en avant. D’une part comme de l’autre, il
n’y a d’autre choix que l’offensive.

Nous sommes des millions, chaque seconde, à nous lever pour faire
tourner la machine à profits. Nous faisons partie de la même
usine-monde. Pas une vie, un corps, un désir n’échappent au processus de
l’exploitation de l’Homme par l’Homme. La somme de l’énergie gaspillée à
construire de la camelotte pour faire du profit est donc titanesque.
Comme beaucoup de prolétaires à travers le monde nous pensons qu’il n’y
a pas de fatalité, jusqu’ici rien n’est encore joué et chaque jour nous
sommes nombreux à nous révolter, à nous organiser dans les luttes en
s’attaquant à nos propres bourgeoisies.
En critiquant les rouages du capitalisme, en s’enrichissant du contenu
des soulèvements, en créant des liens avec des camarades à
l’international, en consolidant la solidarité face aux patrons, proprios
et autres exploiteurs.

Le Loukanikos est un espace politique ouvert à tous les prols révoltés
qui veulent s’organiser au sein des luttes, en rupture avec ce qui fait
ce monde et ceux qui le défendent, les gestionnaires de la misère et les
publicitaires de cette vaste escroquerie qu’est le capitalisme.

Dans les luttes, les positions révolutionnaires sont souvent balayées
pour des compromissions d’infortune avec les organisations politiques de
gauche, qui se bornent à repeindre le capitalisme pour s’y frayer une
place au chaud. Les alliances opportunistes des différentes
organisations politiques ne proposent qu’une défense de leurs misérables
existences et participent à l’intégration des luttes à l’Etat. Ces
politicards de tous bords font miroiter au travers d’un discours
démocrate l’illusion du pouvoir et de la puissance, en reproduisant les
logiques du capital.

A l’heure où la guerre fait rage et les conflits s’étendent, on nous
somme de participer à l’effort et l’économie de guerre sans broncher
tout en continuant d’aller au turbin.

Pour nous qui voulons la défaite de toutes les nations, le slogan
«Guerre capitaliste ou révolution mondiale» n’a jamais été autant
d’actualité !

Ce local se veut un lieu de rencontre de celles et ceux de notre classe
qui se révoltent et cherchent le commun autour d’eux ; nous voulons
renforcer ce commun dans une perspective d’autonomie de classe en
combattant activement les directions qui détruisent la lutte par la
division et l’intégration aux instances de médiation.
Un espace où l’on peut mettre en commun les outils nécessaires pour nous
organiser. Prendre part aux luttes en portant leur élargissement, leur
rupture, leur approfondissement, pour détruire définitivement le
capitalisme.

Un local pour comprendre la période à travers ses crises, ses guerres et
indéniablement sa perspective révolutionnaire. En ouvrant des
discussions sur l’actualité des mouvements à l’international et sur ces
soulèvements qui effritent l’ordre en place, pour comprendre le monde
tel qu’il se recompose, tel qu’il nous écrase. Tendre vers une réflexion
théorique collective pour échanger sur le contenu du communisme, les
stratégies qui ont existé et leurs échecs mais aussi celles qui émergent
dans les luttes de notre temps, comme point de départ d’une intervention
révolutionnaire dans les combats à venir.

Ainsi nous souhaitons participer à l’élaboration d’une société sans
exploitation, sans Etat, sans propriété ni argent, dans laquelle les
rapports sociaux seraient libérés de la médiation par la marchandise et
de ce qui nous aliène en rythmant chaque activité de notre vie. Une
société basée sur la coopération et l’entraide permettant une véritable
mise en commun de nos ressources et moyens.

Construire le communisme ne sera possible que par une révolution sans
frontières qui abolira toutes les classes.

 

Les activités du local :
L’élaboration d’un journal d’agitation, d’une revue, d’affiches et de tracts.
Une bibliothèque subversive : des livres de théories critiques, sur des mouvements révolutionnaires, à emprunter ou consulter ainsi que des brochures ou textes choisis.
Des lecture collectives : on prend un texte, un bouquin ou une brochure et on les décortique collectivement, on en discute, parfois on les traduit pour les propager après.
Un ciné club : projection de bons et mauvais films, des productions de camarades, des blockbusters ou encore des curiosités, selons nos envies pour enrichir les
imaginaires et en discuter ensemble.
Un projet de radio : des podcasts sans transition,
des lives publiques, dans un esprit de rupture.

LOUKANIKOS Un local révolutionnaire à Rennes OUVERT TOUS LES VENDREDIS
DE 18h À 20H
Au square du 8 mai 1945
Arrêt Héronière (C5)
mail : loukanikos_rennes@riseup.net